Chez Phar, nous avons une perspective unique de la veille stratégique qui allie recherche d’information avec analyse stratégique par l’entremise de nos super veilleurs.
Voici Guillaume Lajoie, Super veilleur en incubation d'entreprise. Nous lui avons posé quelques questions pour vous le présenter, voici ses réponses!
Peux-tu décrire brièvement ton parcours professionnel?
Au fil des dix dernières années, et même plus, dans les affaires publiques, j’ai toujours occupé des rôles clés à comprendre les mécaniques en réseau et déceler les signaux faibles pour aider les organisations à prendre des décisions stratégiques.
Tout a commencé, après ma maîtrise en affaires publiques et internationales, dans une OBNL à la défense des Québécois d’expression anglaise, où j’effectuais une revue de presse quotidienne sur les articles qui importaient le plus pour la communauté et les droits linguistiques. Ça a été mon tremplin vers un intérêt grandissant pour les outils de veille et une fine compréhension de l’environnement médiatique.
J’ai ensuite évolué au sein du cabinet de relations publiques NATIONAL, où j’ai accompagné des clients de toute taille, allant de la multinationale à l’OBNL, à suivre les conversations sur les plateformes numériques, et dans les médias, surtout dans des situations de gestion de crise. C’est à cette période que j’ai aussi complété un MBA à HEC Montréal.
Et au fil de 5 ans à travailler dans le secteur de l’entrepreneuriat innovant, j’ai développé une expertise fine dans ce secteur clé de l’économie québécoise pour soutenir les OBNL dans le dépôt de mémoire et l’organisation de rencontres politiques visant à modifier les politiques publiques pour les startups.
Sur quels principaux enjeux travailles-tu en ce moment avec tes clients? Comment la veille stratégique peut appuyer ton travail selon toi?
Les startups sont toujours dans une mécanique d’innovation et de compétition sur une échelle mondiale pour être à l’affût des nouvelles tendances qui peuvent avoir un impact sur leur possibilité d’acquérir des parts de marché.
C’est un peu la même chose pour les organisations qui œuvrent dans l’entrepreneuriat innovant, que ce soit des OBNL (incubateurs, accélérateurs), ou des plus grandes organisations. En misant sur le développement de ces jeunes pousses, il arrive parfois que l’on juge mal le potentiel d’une entreprise parce que l’on comprend difficilement le marché convoité ou la solution proposée. Il y a aussi un enjeu de communication, souvent chez les startups, qui n’ont pas toujours les bons outils et la bonne méthode pour bien transmettre ce qu’ils veulent faire aux publics concernés.
La veille stratégique s’inscrit ainsi comme un outil pour mieux comprendre des tendances que l’on juge latentes, mais qui peuvent être plus fortes ailleurs, et élargir notre champ de vision sur les marchés extérieurs au Québec et au Canada, qui sont souvent les premiers réflexes pour nos entreprises d’ici.
Sur une note plus personnelle, quels sont les signaux faibles qui retiennent ton attention présentement et pourquoi?
Le premier signal faible découle d’un signal qui est si bruyant qu’il manque de finesse, celui de l’IA. L’accélération de l’intelligence artificielle, notamment pour le développement de solutions numériques, rend ardue la tâche de suivre les tendances, et permet encore plus difficilement de se différencier. De nos jours, ça peut prendre quelques semaines, et peu de moyens financiers, pour développer quelque chose qui a pris des mois, voire des années, à se développer et des centaines de milliers d’investissement en salaires de développeur.
Ce qui m’amène à mon second signal faible, bien que de plus en plus fort, dans le secteur de l’entrepreneuriat innovant : l’importance des technologies physiques. Ces technologies prennent plus de temps à bâtir qu’une application mobile, mais ce sont les véritables vecteurs de changement dont notre société a besoin. Nous avons un historique, au Québec, d’avoir été capable de se débrouiller avec des outils rudimentaires pour faire des choses exceptionnelles. Avec les outils que nous avons maintenant, l’impression 3D, la robotique, l’informatique quantique, la réduction des puces électroniques, les nouvelles technologies physiques sont à notre portée.
Ça, et la profondeur des relations humaines. Toute sophistication numérique tend à ramener le tactile comme source d’humanité. Et les affaires sont principalement basées sur des relations humaines, pas uniquement sur des technologies de rupture.